Vous êtes ici :

Accueil>Se divertir>La Playlist d'Emilie>La playlist d'Emilie : barock forever !

Imprimer cette page en utilisant la fonction Imprimer de votre navigateur

La playlist d'Emilie : barock forever !

En 1748, alors qu’elle a suivi Voltaire à la cour du roi Stanislas à Lunéville, Émilie du Châtelet interprète le rôle-titre d’une pastorale héroïque créée cinquante ans plus tôt à Fontainebleau pour le mariage de Louis de France et de Marie-Adélaïde.

L’opéra tombe ensuite dans l’oubli et il faudra patienter 250 ans et les 02, 03 et 04 juin prochains pour enfin voir se réveiller les incroyables personnages créés par Destouches grâce aux efforts conjugués de la Communauté de Communes du Territoire Lunéville à Baccarat et du chef de Chœur Vincent Tricarri.

Pour patienter, retrouvez chaque semaine sur la page Facebook « Émilie(s) » un nouvel épisode de la Playlist d’Émilie consacré aux œuvres et compositeurs baroques qui ont fait du XVIIIème siècle celui la grande musique…

Le compositeur

 La date exacte de la composition de la sonate « Le caffé » de Nicolas Bernier n'est pas précisément connue. Ce que l’on sait avec certitude, c’est que Nicolas Bernier fut, avec Jean-Baptiste Morin, l’un des instigateurs d’un nouveau genre musical d’inspiration italienne, la « cantate françoise », vers 1700.

Ces cantates se définissent comme des œuvres écrites pour une ou deux (plus rarement trois) voix solistes auxquelles peuvent s'ajouter un ou deux violons ou d'autres instruments tels que la flûte traversière, le hautbois ou la basse de viole.


Nicolas Bernier fut ensuite maître de musique de la Sainte Chapelle de Paris avant de participer aux fameuses Grandes Nuits de Sceaux données par la duchesse du Maine, Louise-Bénédicte de Bourbon, en son château de Sceaux et d’entrer ainsi dans le cercle très restreint des chevaliers de l’ordre de la mouche à miel, à l’instar d’Émilie du Châtelet, de Voltaire et de D’Alembert.

 

Le duc et la duchesse du Maine.

Le château de Sceaux tel que l'a connu N.Bernier lors des Grandes Nuits.

 

le café : un peu d'histoire

Le café arrive en Europe vers 1600, notamment à Venise où il est régulièrement consommé dès 1615. On conseille d'ailleurs au pape Clément VIII de l'interdire.

Cependant, après l'avoir goûté, le souverain pontife baptise au contraire la nouvelle boisson et déclare que laisser aux seuls infidèles le plaisir de cette boisson serait dommage. Le café est très vite prisé des moines pour les mêmes raisons qu'il l'est des imams : il permet de veiller longtemps et de garder l'esprit clair. Il faut cependant attendre 1669 pour que la mode de la consommation du café soit lancée dans la capitale.

Le café devient très prisé durant le Siècle des lumières : Voltaire en consomme jusqu'à douze tasses par jour et possède une collection de cafetières.

À la veille de la Révolution, Paris compte plus de deux mille cafés.

L’œuvre

Nicolas Bernier a publié plusieurs de ses œuvres de son vivant et notamment des « livres », véritables recueils de ses cantates qu’il intitule de « premier livre » (1703) à « septième livre » (1723).
« Le Caffé » est la quatrième cantate extraite du « Troisième Livre ».
C’est la cantate la plus intéressante du livre, tant par le texte que par la musique. Cantate en La Majeur, « à voix seule avec Symphonie, voix de dessus (soprano), violon (ou flûte) et basse continue. » :

 

 

L’Astre dont chaque nuit la clarté douce et pure
vient du Soleil absent consoler la Nature
te doit souvent les regars des humains.
Les feux rivaux de sa lumiere
aux yeux Scavants par toy devenus plus certains
decouvrent leur vaste carriere.
que Minerve et ses favoris
de tes divins attraits connoissent bien le prix.

Caffé, du jus de la bouteille
tu combats le fatal poison
tu ravis au dieu de la treille
le beuveur que ton charme eveille
et tu le rens a la raison.
Le Sage s’il s’amuse a boire
ne se livre qu’a tes douceurs
tu sers les filles de memoire
qu’Apollon celebre ta gloire
la Sienne accroist par tes faveurs.

Quand une habile main t’appreste
quel plaisir est egal a celuy que tu fais?
ton odeur seullement te promet la conqueste
des mortels qui n’ont pas eprouve tes attraits.

O toy, liqueur que j’ayme
regne coule en tous lieux
bannis le nectar même
de la table des Dieux,
fais sans cesse la guerre
au jus seditieux,
fais gouter a la terre
le doux calme des Cieux.