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la playlist d'Émilie, épisode 2 : Élisabeth Claude Jacquet de La Guerre

En 1748, alors qu’elle a suivi Voltaire à la cour du roi Stanislas à Lunéville, Émilie du Châtelet interprète le rôle-titre d’une pastorale héroïque créée cinquante ans plus tôt à Fontainebleau pour le mariage de Louis de France et de Marie-Adélaïde. L’opéra tombe ensuite dans l’oubli et il faudra patienter 250 ans et les 02, 03 et 04 juin prochains pour enfin voir se réveiller les incroyables personnages créés par Destouches grâce aux efforts conjugués de la Communauté de Communes du Territoire Lunéville à Baccarat et du chef de Chœur Vincent Tricarri. Pour patienter, retrouvez chaque semaine sur la page Facebook « Émilie(s) » un nouvel épisode de la Playlist d’Émilie consacré aux œuvres et compositeurs baroques qui ont fait du XVIIIème siècle celui la grande musique…

 

La compositrice

À la fois claveciniste, organiste, improvisatrice et compositrice hors pair, Élisabeth Claude Jacquet de La Guerre est l'une des personnalités les plus étonnantes de l'histoire de la musique.

Seule femme compositeur dans le cercle intellectuel féminin qui illumina le règne de Louis XIV, elle fut à la musique ce qu’Émilie du Châtelet fut à la science  une femme libre doublée d’une virtuose.

Née à Paris en 1665, elle prolonge une longue lignée de musiciens, dont son père qui se charge de son éducation musicale.

Enfant prodige, Élisabeth Jacquet de La Guerre inaugure sa carrière de virtuose en jouant du clavecin à cinq ans devant Louis XIV. Génie précoce, elle fait preuve dans son jeu d’une totale liberté tandis que ses compositions apparaissent d’emblée d’une grande modernité.

Elle laisse à la sa mort une œuvre de grande qualité encore aujourd'hui considérée comme l'une des plus brillante de la musique française baroque.

« Avide de découvertes, Élisabeth Jacquet de La Guerre se classe sans conteste au rang des novatrices et pionnières. Son écriture révèle un véritable génie, capable d'absorber les courants nouveaux de son entourage musical. Dans la virulente dispute autour de la suprématie de la musique française ou italienne, elle prend clairement parti contre les traditionalistes en défendant l'idée de la « réunion des goûts ». Ses œuvres personnelles sont toutes, à des degrés divers, imprégnées d'influences italiennes. Élisabeth Jacquet de La Guerre s'essaie à tous les genres  musique religieuse ou profane, pièces de tradition française, « importations » italiennes. », précise la page de l’encyclopédie en ligne Wikipédia qui est consacrée.

A l’instar d’Émilie du Châtelet, Élisabeth Jacquet de La Guerre réussit le tour de force d’imposer son talent dans un univers masculin très marqué. A tel point d’ailleurs qu’après sa mort, Louis XV fait frapper en son honneur une monnaie portant cette inscription  « Aux grands musiciens J'ay disputé le prix. Élisabeth-Claude Jacquet de la Guerre, 1729 ».

Représentation de la médaille frappée par Louis XV 

 

L’œuvre

Le Sommeil d’Ulisse, fait partie du troisième livre des Cantates françaises dédicacé à Maximilien Emmanuel II, électeur de Bavière (un des sept princes allemands qui élisaient l'empereur romain germanique), grand amateur de musique et lui-même joueur de viole de gambe.


L’œuvre est publiée pour la première fois à Paris vers 1715 et reste encore considérée aujourd’hui comme un des chefs d’œuvres d’Élisabeth-Claude Jacquet de la Guerre et de la musique baroque.

 

Le sommeil d’Ulysse dans l’Odyssée

Ulysse, roi d'Ithaque, est l'un des héros les plus célèbres de la mythologie grecque, notamment par le trépidant périple de son retour vers sa patrie suite à la guerre de Troie, chanté par Homère dans l’Odyssée.

Après des années d’errances, Ulysse aborde les rivages de l’île flottante d’Éole, le gardien des vents. Celui-ci tente de l’aider à regagner sa patrie en enfermant dans une jarre tous les vents contraires à la bonne marche de sa flotte et fait souffler une légère brise qui le ramène rapidement à vue des cotes d’Ithaque. Se laissant gagner par le sommeil, Ulysse laisse la fameuse jarre sans surveillance. Elle ne tarde pas à attirer la convoitise des marins qui, en la débouchant, libèrent et les mauvais vents et la colère d’Éole qui devant tant d’inconséquence décide de les chasser au large.

Bien des péripéties plus tard, la flotte d’Ulysse, aborde l’île d’Hélios, le dieu du soleil, avec cette mise en garde : ne surtout pas y chasser les troupeaux sacrés du dieu solaire. Cependant, après un mois de vents contraires qui les empêchent de lever l’ancre, les marins affamés profitent du sommeil d’Ulysse pour dévorer les troupeaux interdis dans un festin qui dure six jours. Au matin du septième, les vents tombent et la flotte peut enfin mettre les voiles. Hélios, qui a assisté au carnage, réclame vengeance à Zeus, le dieu suprême, qui déchaine un ouragan, foudroie le navire et précipite l’équipage au fond de la mer à l’exception d’Ulysse, qui s’est abstenu de manger le bétail. Accroché à une poutre, il dérivera ensuite pendant dix jours avant de s'échouer sur l'île de Calypso où il passera les sept années suivantes prisonnier de la nymphe …

Les Travaux d'Ulysse, d'après les fresques du Primatice, château de Fontainebleau (Galerie d'Ulysse, aujourd'hui disparue)